#louise - que demande sa Maman?

A la lecture de cet article de Caroline Boudet, publié sur le HuffPost ce 8 juin, j'ai eu envie de réagir avec ce qui fait sens pour moi face aux trop nombreux "feedbacks inconditionnels" qu'elle évoque au sujet de sa fille Louise.

 

"Ce 47ème chromosome n'est pas ce qu'elle EST, c'est ce quelle A".

 

En poussant ce cri du coeur, la maman de Louise réagit à ce qui est une atteinte à l'identité de sa fille, à qui elle EST, ce que représente la personne même de sa petits fille âgée de 4 mois.

Elle renvoie aussi ce qui est son quotidien de maman au travers du regard et des "mots malheureux" de ceux qui croisent Louise et qui ne prennent même pas la peine d'imaginer qui elle EST en s'autorisant un jugement "inconditionnel" abrupt et douloureux sur un aspect de son "comportement" qui ne correspond pas à leurs critères à eux, heureux porteurs de seulement 23 paires de chromosomes...

 

Feedback inconditionnel

Pour bien réaliser ce qu'est ce jugement "inconditionnel" de Louise que nous adressons sans beaucoup de délicatesse à sa Maman, imaginez que lorsque que nous l'avons croisé, l'espace de 3 minutes, Louise avait déjà construit sa petite personne, son identité, avec "ses deux bras, deux jambes, des bonnes grosses joues et un chromosome en plus" depuis plus de 175 680 minutes (4 mois).

 

Qui sommes nous alors pour nous autoriser à juger cette petite personne en devenir dont nous ne connaissons pas les 175 677 autres minutes d'existence, les progrès qu'elle a fait, ses apprentissages, les extraordinaires sourires qu'elle adresse à sa maman, ses petits caprices de bébé, ses colères et ses moments de tendresse, ses regards d'éveil, ses pleurs, sa façon de reconnaitre sa maman, la vie qu'elle a devant elle, les joies qu'elle continuera d'apporter à ses parents et les inquiétudes aussi, comme tous les enfants 4 mois.

 

Louise a la chance d'avoir une maman qui se bat pour que l'on sache qu'elle A une différence, mais qu'elle n'EST pas cette différence. Ce combat est ambitieux, il est aussi le plus beau pour une maman : permettre à sa fille d'exister en dehors de ce qu'elle EST aux yeux des "autres".

 

Reconnaitre que l'autre existe

La seule façon de manifester à quelqu'un qu'il existe pour nous, c'est de lui envoyer un signe de reconnaissance "conditionnel" qui porte sur son comportement et non pas "inconditionnel" qui porterait sur sa personne (là on est dans la "destruction", car on atteint l'identité même de l'autre). Pensez alors au ratio du temps que cette personne a déjà vécu (sans vous) sur le temps passé avec elle qui vous "autorise" à la juger! En une heure peut-on juger qui EST cette personne de 40 ans qui en a plus de 350 000 au compteur?

 

La reconnaissance est une des 3 soifs de l'être humain (avec la structure et la stimulation), cette reconnaissance est une stimulation manifestant qu'une personne reconnaît que l'autre existe. Quand nous croisons quelqu'un, n'avons nous pas cette irrépressible envie et habitude de juger sur ce qu'il EST plutôt que sur ce qu'il FAIT ou comment il se comporte? Nous atteignons alors l'identité de cette personne, sois en gardant ce jugement pour nous, soit, c'est plus douloureux pour elle, en lui faisant une remarque "anodine" qui la blessera. L'ÊTRE est alors touché, il n'y a pas de reconnaissance de l'existence de l'autre dans ce compartiment, nous lui nions le droit d'exister pour nous.

 

Et alors...

Louise a encore plein de choses à FAIRE pour continuer d'ÊTRE.

Sa vie sera certainement plus difficile que celle d'autres enfants "normalement" chromosomés, probablement aussi parce qu'elle n'a pas fini d'ajouter des minutes au compteur de sa vie et que nous resterons tous, nous qui la croiserons peut être, avec nos 3 malheureuses minutes de partage de la sienne qui "décideront" trop souvent de qui elle EST.


Pensons-y la prochaine fois que nous croiserons des "mamans de Louise"...

 

J'ai écrit cet article avec les "bonnes grosses joues" de Louise et son regard plein de l'amour qu'elle a pour sa maman affiché sur mon écran et vous l'aurez compris aussi avec beaucoup d'émotion que je voulais partager.

 

Erik DUFOUR

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